Laissons les grandir à leur rythme…
S’il y a bien un piège dans lequel je ne tombe plus depuis la naissance de ma fille, c’est celui de la comparaison. Je me sens beaucoup plus sereine. Peut-être parce que j’ai plus d’expérience et que je me suis beaucoup informée depuis la naissance de mon fils.

Lorsque mon fils est né, j’étais persuadée qu’il existait une sorte de « calendrier des apprentissages ». À 4 mois, bébé devait se retourner. À 7 mois, tenir assis. Vers 9 mois, se mettre debout. Puis autour de son premier anniversaire, marcher.
Du moins, c’est ce que je croyais.
A l’époque, j’étais abonnée aux « newsletters » de plusieurs sites parentaux. Sur le même principe que le suivi de grossesse, je recevais chaque mois des emails m’informant des acquisitions que mon bébé était supposé faire ce mois-ci (« Coucou Éva ! Votre enfant a 4 mois, ce mois-ci il va se retourner pour la première fois !!). Allez savoir pourquoi, j’aimais bien anticiper les progrès de mon bébé… En parallèle, je me servais beaucoup des autres enfants comme point de comparaison, ce qui n’a pas manqué de m’inquiéter à de multiples occasions: « ah oui, il marche à quatre pattes le vôtre ? Nous, nous en sommes encore loin…
« Ouhlala ce n’est pas normal ça… ».
Parfois, c’est l’entourage qui s’inquiète (surtout concernant l’acquisition de la marche) et qui en rajoute une couche:
« Mais… T’es sûre que c’est normal ? Le petit-fils de la voisine a dix mois et il marche bien ! »
Avec le recul, je réalise à quel point je me suis mise la pression ! Je n’avais pas réalisé qu’il y avait une fenêtre de 9 mois pour l’apprentissage de la marche par exemple. Il y a quelques jours, ma coiffeuse me confiait que sa fille avait fait ses premiers pas à 18 mois. Aujourd’hui, elle a quatre ans et va très bien !
Chaque jour, je remarque que les mamans s’inquiètent beaucoup du développement moteur de leur enfant. Vous êtes nombreuses à vous demander s’il est normal que votre bébé ne se soit pas encore retourné à 5 mois, ou s’il est inquiétant qu’il ne tienne pas encore assis à 8 mois…
Aujourd’hui, je voulais dire quelques mots à ce sujet et parler plus précisément de NOS attentes par rapport au développement de nos enfants.
Je comprends vos craintes et je les trouve tout à fait légitimes. Je me rappelle à quel point j’étais inquiète lorsque certaines cases du carnet de santé n’étaient pas cochées. Mais je crois qu’il faut vivre ses premières expériences de parents pour comprendre à quel point chaque enfant est différent. Evidemment, le carnet de santé donne les grandes lignes directrices du développement et c’est très bien. Cependant, il faut bien garder à l’esprit que chaque enfant évolue à son propre rythme. Certains bébés vont par exemple s’asseoir à 10 mois, ou marcher à 18 mois sans qu’il y ait de »problème » de développement.
Il peut y avoir des moments où on a l’impression que notre bébé ne progresse pas beaucoup alors qu’en fait, il est entrain d’intégrer énormément de choses… Il peut être entrain de mûrir une compétence. Par exemple mon fils, à deux ans et demi ne disait que quelques mots isolés et mal prononcés. Pendant une longue période, il a assimilé énormément de vocabulaire et tout cela a rejailli au moment où on ne s’y attendait pas. Ensuite, tout est allé très vite. A trois ans, il parlait très bien et disposait d’un vocabulaire riche et varié !
Le bébé peut aussi être en train de travailler une autre compétence que celle qui est attendue. Lors de la première année, nous accordons une importance énorme à la motricité globale mais il y a aussi la motricité fine qui se développe, le langage… Les bébés ne peuvent pas tout faire en même temps, ils se concentrent sur une chose, puis sur une autre. A mon sens, tant que l’on constate une progression, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure.
Il faut toujours garder à l’esprit que chaque enfant a un chemin bien à lui, il ne correspondra jamais parfaitement aux descriptions d’ensembles données dans les livres de puériculture et c’est tant mieux. Il est unique.
“L’agencement particulier de ses gênes n’a jamais existé auparavant et n’existera plus jamais” (F. Dodson)
Lorsque nous avons des attentes trop élevées et que nous nous mettons la pression, notre enfant le sent. C’est inévitable. Il sent que nous attendons quelque chose de lui et peut-être qu’il ne se sent pas à la hauteur de ces attentes. Cela peut créer chez lui un sentiment d’insécurité et cela peut aussi altérer sa confiance en lui et en ses capacités.
C’est dommage et j’aurais vraiment aimé être au clair là-dessus avant la naissance de mon fils ! Avec le recul, je me dis que j’ai peut-être mis un peu trop de pression et je m’en veux d’avoir douté de lui.
Attention, que ce soit bien clair, je ne dis pas qu’il ne faut JAMAIS s’inquiéter, il y a des cas de retards moteurs réels et il est important de rester vigilants. Si vous avez une inquiétude, si vous pensez que c’est justifié et que vous sentez à l’intérieur de vous que quelque chose ne va pas, il faut évidemment consulter. Dans tous les cas, parlez toujours de vos doutes au médecin qui suit votre enfant.
J’avais juste envie de vous écrire ces mots pour rassurer les parents qui suivent parfois d’un peu trop le calendrier ; et qui fatalement, s’inquiètent si leur bébé ne progresse pas aussi vite que les autres…
Si cette pression autour des acquisitions vous inquiète, découvrez également notre guide complet sur la motricité libre bébé.
Laissons les progresser à leur rythme. La richesse de nos enfants c’est justement d’être uniques.
Mettons de côté la fierté et la jalousie… Laissons aussi de côté la peur et l’appréhension, pour observer les progrès quotidiens avec bonheur.
N’ayez plus d’attentes et faite de votre mieux pour apporter à votre tout petit tout ce dont il a besoin pour bien grandir.
Si vous aussi vous avez vécu des expériences similaires, n’hésitez pas à réagir en commentaires, ça nous fait toujours plaisir de vous lire 😉
Eva R.
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